Né en 1995 à Rennes dont il est diplômé des Beaux-Arts en 2019, Louis Guillaume vit et travaille entre Paris et La Rochelle.
Il a depuis fait de nombreuses résidences dans des contextes particuliers, comme avec l’association Finis-Terrae où il est resté plusieurs semaines sur l’ile de Ledenez-Vraz au large de la Bretagne pour une résidence nommée « #Tempête ». En 2022, il s’est rendu pour plusieurs mois aux Philippines grâce à l’alliance française et le centre Intermondes, ce qui lui a permis d’ouvrir sa pratique autour du film.
Figurant parmi les lauréats de la 1re Édition du programme « Mondes nouveaux » du ministère de la Culture, Louis a pu mener à bien en mai 2022 son plan de récolte collective de chatons de peuplier lors d'une expédition à bord d'un bateau sur la Loire entre Angers et Nantes, embarquant avec lui une dizaine de personnes.
En 2024, Louis a fait une résidence à Porto Alegre au sud du Brésil à la Fondation Ibere Camargo en lien avec l'Alliance française, la ville de La Rochelle et le Centre Intermondes. Il a ensuite intégré la Cité internationale des Arts à Paris, tout en menant un projet conjoint avec le Centre d'art Le Cyclop situé dans la forêt de Fontainebleau. C’est durant son séjour à la Cité internationale des arts à Paris qu’il fait la rencontre des prochains commissaires de la Biennale des arts islamiques de 2025 à Djeddah, pour laquelle il présente sa nouvelle création « Lorsqu’on laissait encore passer le vent ». Il participe en février 2025 à la 68e édition du Salon de Montrouge. Le partenariat entre la France et le Brésil et l’institut français permet à Louis de se rendre une nouvelle fois en Amerique du Sud à la Fazenda Serrinha, proche de São Paolo.
L’année 2026, se matérialise autour du travail de la résine pin avec une exposition à la Traits Libres Gallery, rue des archives à Paris et l’aboutissement du projet « Notre dit Pays », oeuvre de 16 mètres de haut présentée pour Le Voyage à Nantes dans les douves du château des Ducs de Bretagne. La pratique de Louis Guillaume explore les cycles du vivant. Pour récolter des matières, l’artiste parcourt une grande diversité de territoires, des espaces végétaux préservés aux parterres fleuris des villes. De ces explorations naissent ses recherches plastiques. Beaucoup des espèces collectées sont originaires d’autres régions du monde, introduites localement à des fins ornementales comme la Stipa tenuissima venue d’Amérique centrale, l’acanthe du bassin méditerranéen ou encore l’agapanthe d’Afrique du Sud.
Les matières qu’il sélectionne sont le fruit de rencontres fortuites, guidées par un regard attentif et éveillé. Chacune est choisie pour ses qualités plastiques propres. Au fil du contact avec l’artiste, la matière révèle alors son histoire, sa plasticité et sa capacité d’adaptation ; la mémoire qu’elle porte en elle. L’artiste s’inscrit dans un rapport de réciprocité : la matière suggère, le temps façonne formes et couleurs et de cette interaction naît un récit commun, une relation qui s’enrichit sur le temps long.
Born in Rennes, France, in 1995, Louis Guillaume graduated from the École des Beaux-Arts de Rennes in 2019. He currently lives and works between Paris and La Rochelle, France.
Since graduating, Guillaume has completed a number of artist residencies in distinctive environments and contexts. During a residency with Finis-Terrae, he spent several weeks on the remote island of Ledenez-Vraz, off the coast of Brittany, as part of the project “#Tempête.” In 2022, he spent several months in the Philippines through the Alliance Française and the Intermondes Center. This experience led him to expand his practice into filmmaking.
Guillaume was one of the artists selected for the inaugural edition of “Mondes nouveaux,” a program launched by the French Ministry of Culture. In May 2022, he carried out a collective expedition along the Loire River, traveling by boat between Angers and Nantes with a group of around ten participants. The project focused on gathering poplar catkins along the riverbanks.
In 2024, Guillaume traveled to Porto Alegre, in southern Brazil, for a residency at the Iberê Camargo Foundation, developed in partnership with the Alliance Française, the city of La Rochelle, and the Intermondes Center. He later joined the Cité internationale des arts in Paris while developing a project with the art center Le Cyclop in the Fontainebleau Forest.
While at the Cité internationale des arts, Guillaume met the curators who would go on to organize the 2025 Islamic Arts Biennale in Jeddah. He was subsequently invited to present a new work, Lorsqu’on laissait encore passer le vent, as part of the biennial. In February 2025, he participated in the 68th edition of the Salon de Montrouge.
A partnership between France and Brazil, supported by the Institut français, brought Guillaume back to South America in 2025 for a residency at Fazenda Serrinha, near São Paulo.
In 2026, Guillaume’s work centers on pine resin. This research was presented in an exhibition at Traits Libres Gallery on rue des Archives in Paris and culminated in Notre dit Pays, a 16-meter-tall work commissioned for Le Voyage à Nantes and installed in the moat of the Château des Ducs de Bretagne.
Guillaume’s practice explores the cycles and transformations of living matter. He moves through a wide range of environments to gather materials, from protected natural areas to urban flower beds and public gardens. These encounters become the starting point for his sculptural research.
Many of the species he collects are not native to France. They were introduced for ornamental purposes and have since become part of the local landscape. His materials include Stipa tenuissima, native to Central America, acanthus from the Mediterranean region, and agapanthus from South Africa.
The materials Guillaume works with are often discovered by chance. His process begins with observation: paying attention to what is growing, changing, appearing, and disappearing around him. Each material is selected for its particular physical and visual qualities.
As he works with it, the material begins to reveal its own history, flexibility, and ability to adapt. It carries traces of where it has been and the environments it has moved through. Guillaume approaches these materials through a process of reciprocity. The material suggests a direction, time shapes its forms and colors, and the work emerges from the dialogue between the two.
His practice unfolds slowly, allowing materials to transform over time. What develops is not simply a sculpture, but a shared story between the artist, the material, and the place from which it comes.
Comme l’oiseau phénix renaissant de ses cendres, dont il porte le nom latin (Phoenix dactylifera), cet arbre surgit sur ces vestiges traumatiques telle une figure de résurgence. Il incarne un symbole de transformation et de victoire de la vie sur le temps. Le palmier aux multiples charges symboliques traverse les imaginaires et les continents.
Comme une rivière qui grandit et fait son lit en embrassant la diversité des terres nourricières, l'art contribue à faire croître une communauté d’attentions et d’actions, essentielles pour que chacun trouve les moyens de mettre en œuvre les transformations vers un monde plus équitable.
Les résignées sont une forme d’éloge aux matières, aux éléments, aux parasites mal aimé.e.s ou incompris.es qui pourtant portent des clés de compréhension sur nos usages et nos modes de vie. Ils sont essentiels pour le bon équilibre de notre écosystème. Dans cette ère anthropocène où l’être humain crée des paysages plus qu’il ne laisse l’équilibre du vivant se faire.
Curatrice Fabienne Bideaud